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Francis Reddy - Le kiwi heureux
© Le Journal de Montréal
Francis Reddy

FRANCIS REDDY

Le kiwi heureux

Marie-France-Lou Lemay
Le Journal de Montréal
31-05-2008 | 04h00
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Depuis quatre étés, Francis Reddy règne sur les matinées de Radio-Canada. Le jovial animateur, qui pourrait être un Kiwi toute sa vie, revendique l’authenticité de l’émission toute la belle saison.

L’enregistrement est terminé depuis une quinzaine de minutes que déjà, les techniciens défont le décor de l’émission pour dégager la mezzanine au marché Jean-Talon. En se dirigeant vers un café pour faire l’entrevue, Francis Reddy salue les commerçants du marché en les appelant par leur nom. Normal, il est dans «sa deuxième maison», comme il dit.

Devant son bol de café au lait, Francis Reddy, 50 ans, raconte qu’il est comblé par la coanimation de l’émission matinale. «Les Kiwis, je ferais ça pendant 12 ans et je serais heureux!» lance-t-il.

La coanimation de l’émission occupe tout son été. Depuis le début de sa carrière, la belle saison a toujours été synonyme de travail pour le comédien.

«Très souvent, j’ai eu à travailler l’été, dit-il. Moi, je pensais vraiment que mes étés n’allaient pas être occupés, mais c’est le contraire que la vie m’apporte!»

CURIOSITÉ RASSASIÉE

À sa quatrième année comme coanimateur de Des kiwis et des hommes, Francis Reddy remarque l’évolution de l’émission. Les simples rencontres du début ont maintenant laissé place aux discussions intimes avec des invités plus ou moins connus. Ces derniers sont bien souvent originaires de partout dans le monde et viennent raconter une parcelle de leur vie. Un moyen parmi tant d’autres d’assouvir sa soif de curiosité.

«Plus tu connais l’individu, plus tu apprends à apprécier l’autre, explique Francis Reddy. Si tu apprends à aimer une personne, tous les préjugés tombent.»

Pendant une heure et demie, à la barre de l’émission avec son coanimateur Boucar Diouf et ses nombreux collaborateurs dont Jean-Claude Vigor, Jessica Barker et Yanick Villedieu, Francis Reddy veut parler du quotidien dans ses petits détails bien présents dans la vie des gens.

«C’est éphémère, la télévision, et je me bats contre ça, indique-t-il. Parler de nourriture, des marchands et des potagers, c’est le quotidien des gens, ça ne peut pas être éphémère.»

PASSER UNE BELLE JOURNÉE

Des kiwis et des hommes est diffusée le matin, dans une case regardée surtout par des femmes et des hommes au foyer et par des retraités. Avec l’authenticité de la formule, Francis Reddy veut combler ce public des émissions matinales, parfois négligé, croit-il.

«C’est stimulant de s’attarder à ces gens-là. La télé mise beaucoup sur la programmation de soirée, mais j’aime accompagner les gens au lever et leur donner le goût de passer une belle journée.»

Les «shows de plogues», ce n’est pas pour lui. La formule des Kiwis est différente dans le paysage télévisuel québécois et doit le rester.

«Ça serait une erreur de vouloir changer le concept, et je pense qu’on passerait à côté de l’essentiel. C’est un peu de l’anti-TV qu’on fait, ce n’est pas de l’animation straight. Il faut qu’on ait l’impression que ce sont des rencontres réelles. J’ai à coeur de présenter la vie.»

Des kiwis et des hommes, du lundi au vendredi, à Radio-Canada, de 9h à 10h30.

Un kiwi et...

… LES NOMBREUX CHANGEMENTS DE COANIMATEUR

«C’est un super beau défi. Ça fait partie de ma vie avec le métier: de ne jamais pouvoir m’asseoir sur mes lauriers. Ç’a été un défi au niveau de la dynamique. Ce n’est pas évident, il faut trouver un équilibre avec l’écoute. J’aime mieux coanimer qu’animer.»

… CEUX QUI LE CRITIQUENT ET LE TROUVENT « TROP ENTHOUSIASTE »

«Ç’a un impact. Parce que dans le fond, c’est comme si on me disait: On ne croit pas à ce que tu es. Je me retiens alors un peu pendant un bout de temps, mais c’est ma nature qui est comme ça, alors ça revient. C’est plate quand j’entends des commentaires comme ça.»

… L’ÉTAT DE LA TÉLÉVISION AUJOURD’HUI

«Je trouve que la télévision a un regard égoïste. Elle se regarde beaucoup elle-même, elle parle d’elle et se regarde le nombril. Je trouve que la télévision ne devrait pas être comme ça, elle devrait parler de ce qui se passe à l’extérieur avec des formules intéressantes. Je critique ça. Mais je trouve que c’est une télévision stimulante.»

… UNE POSSIBLE SUITE DE CHAMBRES EN VILLE

«Si ça revenait, ça serait une belle idée parce que ça permettrait aux générations de se parler. Il y a des gens qui étaient adolescents qui regardaient ça et qui sont devenus parents. Il y a des nouveaux jeunes qui regarderaient cette émission- là et ça créerait des discussions. Ça serait intéressant et ça serait unique en télévision: des jeunes qui ont eu des problématiques de jeunes et qui ont maintenant des problématiques de parents qui ont des jeunes. On n’a jamais vu ça.»

… LA FAMILLE

«Je pense, et la génération qui commence à avoir des enfants agit comme ça, que la famille n’a pas été la priorité. Et on se rend compte que c’est une erreur. C’est une cellule qui est importante, qu’il faut privilégier et peaufiner. Ce n’est pas vrai que le métier ou un travail nourrit tout. On a une belle passe égoïste et on se rend compte que ce n’est pas comme ça qu’on est heureux. C’est de la grosse job et du gros travail, la famille, mais c’est ça qui reste.»

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