Stéphane-Antoine Comtois
©Didier Debusschere

Les enfants-vedettes

Le succès ne vient pas seul

Pierre O. Nadeau
Le Journal de Québec
21-03-2006 | 15h53
«Les enfants-vedettes ne sont pas des enfants comme les autres», lance l'agent d'artistes Stéphane-Antoine Comtois, en prenant soin d'ajouter: «Comme les premiers de classe ne sont pas des enfants comme les autres».

Le petit monde des enfants-vedettes est très familier à Stéphane-Antoine Comtois. Avec sa conjointe Isabelle Howard, il dirige Mode é Arto, entreprise de Québec unique en son genre, laquelle, depuis maintenant dix ans, offre les deux services de formation d'acteurs et de gérance d'artistes.

Mode é Arto a servi de lien afin d'aider Rosalee Jacques à décrocher, à 12 ans, le rôle de Mao dans Les Bougon, et à Marianne Fortier d'obtenir, au même âge, celui de la jeune Aurore dans le film du même titre.

Les maisons de casting chargées de recruter des comédiens pour des rôles à la télé ou au cinéma se tournent régulièrement vers Mode é Arto pour dépister des enfants, car c'est la spécialité de l'entreprise, qui forme des enfants et des ados de 5 à 16 ans.

Sélection
L'agence se charge de faire une sélection de candidats pour des demandes d'auditions. «Avant de diriger un jeune comédien vers une audition, nous devons tenir compte de plusieurs facteurs, à commencer par la capacité de chacun d'assumer le rôle en question», explique Stéphane-Antoine Comtois. «Pour un rôle majeur, le look ne suffit pas...»

«Ce n'est pas tout de faire parvenir une photo d'un enfant ben cute; encore faut-il que l'enfant ait la capacité d'assumer le rôle proposé», insiste-t-il.

Au fil des séances de formation, les dirigeants de Mode é Arto en viennent rapidement à cerner les qualités et les faiblesses de chacun de leurs élèves. C'est ainsi qu'ils se croient mieux en mesure d'offrir les bons choix de candidats.

De plus, à côtoyer les jeunes d'aussi près, ils en viennent à évaluer leurs chances de réussite. «Un enfant dissipé en cours sera dissipé sur un plateau de tournage...»

En revanche, les enfants voués au succès révèlent rapidement leur côté perfectionniste. «Un important gage de succès», insiste le dirigeant de Mode é Arto.

Des enfants travaillants
Le succès ne vient pas seul. Une constance remarquée par les dirigeants de Mode é Arto: ceux et celles qui ont le plus de chances de percer sont souvent les plus travaillants. «Rosalee Jacques et Marianne Fortier avaient déjà travaillé très fort avant de décrocher leurs rôles et, une fois parvenues au tournage, elles ont dû redoubler d'efforts. Car un tournage, ce n'est pas une partie de plaisir; les journées sont très longues. En plus, il faut apprendre et répéter les textes. Sur un plateau, les enfants sont considérés comme des artistes à part entière; s'ils ont mal appris leurs textes, ils retardent la production et s'attirent les regards des autres participants...»

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